La pièce "Sassui et Punnu" jouée à l'Alliance Française de Karachi lors de la semaine de la Francophonie
La pièce "Sassui et Punnu" basée sur la poésie du poète soufi du Sind, Shah Abdul Latif Bhittaï, a été jouée à l'Alliance Française de Karachi lors de la semaine de la francophonie. Huma Mir a joué le rôle de Sassui, Yousuf Shahid était le conteur, Zubeida et Huma Hussain ont chanté "le chant de Sassui"
Présentation de la pièce: Hidayat Hussain et Daniel Baillon
Huma Mir dans le rôle de Sassui
Yousuf Shahid, le conteur
Huma Hussain et Zubeida "Le chant de Sassui"
Scénario pour la pièce « Sassui et Punnu » devant être jouée pour la semaine de la francophonie à l'Alliance Française Karachi
Réalisé par Hidayat Hussain
Projection de l’image de Bhambore sur l’écran, Avec la chanson de Zarina Baloch (http://www.youtube.com/watch?v=RE-wWwr85jM&feature=player_embedded) en arrière-fond :
Voix-off :
L’histoire de l’amour de Sassui et de Punnu s’est déroulée à Bhambore, qui est située à 65 kilomètres de Karachi. Bhambore était un ancien port du Sind à l’embouchure de l’Indus connu également sous le nom de Daybul. La ville a été détruite soit par un changement du cours de l’Indus, soit par un séisme.
Projection de l’image de Monik Kervran lors de sa mission de fouilles dans le Sind :
Voix-off:
Monik Kervran, archéologue française qui a dirigé la mission archéologique française au Sind (MAFS) de 1989 à 2002, a été frappée lors de ses travaux archéologiques à Bahrein et à Oman par la présence d’objets en céramique rouge. La recherche de la provenance de ces céramiques l’a conduite au Sind. Lors d’une visite privée en 1987, elle a trouvé des carrelages rouges dans de vieux ports du Sind tels que Daybul, que l’on appelle également Bhambore. Ces céramiques dataient du 4ème siècle avant J-C au 10ème siècle après J-C. Le gouvernement français a conclu avec le gouvernement du Sind un accord en 1989 pour effectuer des fouilles archéologiques dans la région. Pour diverses raisons, les fouilles n’ont pu être effectuées à Bhambore mais principalement à Sehwan. Toujours est-il que la mission a découvert six ports qui existaient dans l’antiquité sur la côte du Sind.
Fort heureusement, Monik Kervran va enfin pouvoir réaliser son projet d’effectuer des fouilles à Bhambore. Elle vient de recevoir l’autorisation nécessaire et va très bientôt commencer son travail.
Revenons à l’histoire d’amour de Sassui et Punnu :
Selon les récits, ce conte d’amour date de la période pendant laquelle Raja Dalo Rai régnait sur le Sind. L’un de ses nombreux ministres était un Brahmane, Nathon. Il était très riche mais il n’avait pas d’enfant. L’on raconte qu’un devin avait prédit que Nathon aurait un enfant, une fille, mais qu’elle épouserait un musulman.
Et ce fut bien une fille que sa femme mit au monde. Quand le Brahmane apprit la naissance de leur fille, sa femme et lui convinrent d’enfermer le nouveau-né dans une caisse et de la jeter à la rivière afin qu’elle soit transportée par le courant vers un autre pays. Le courant emporta la caisse à Bhambore. Le blanchisseur Mohammad, qui lavait du linge au bord de la rivière, la récupéra et amena la petite fille chez lui. Il la nomma Sassui. Elle était extrêmement belle, d’une beauté qui alla croissant à mesure qu’elle grandissait, et ainsi sa renommée s’étendit.
Des caravanes propagèrent la nouvelle de la beauté de Sassui jusqu’à Ketch, au Makran. Punnu, un prince de Ketch, entendant ce qui se disait, se déguisa en marchand et se mit en route pour Bhambore à la recherche de Sassui. Lorsqu’ils se rencontrèrent, les deux jeunes gens ne purent se quitter des yeux. L’étincelle allumée dans le cœur de Sassui se transforma en une flamme qui l’embrasa tout entière. Il en alla de même de Punnu. Sassui confia ses états d’âme à son amie et confidente Saki. Celle-ci tenta de la consoler comme elle put. Mais quand elle sentit que Sassui ne pourrait pas vivre sans Punnu, elle décida de parler à ses parents afin qu’ils demandent à Punnu de l’épouser. Mohammad le blanchisseur, après les vérifications d’usage concernant le futur époux, lui offrit Sassui en mariage. Le père de Punnu, Ary Jam, ne put supporter que son fils épouse la fille d’un blanchisseur. Ainsi ordonna-t-il à ses autres fils d’enfourcher leurs montures afin de partir à sa recherche et de le reconduire à Ketch.
Parvenus à Bhambore, les trois frères firent boire à Punnu et Sassui un elixir qui leur fit perdre connaissance. Allongeant alors Punnu sur le dos d’un chameau, ils prirent à vive allure la route de Ketch. Cependant, Sassui se réveilla. Ne trouvant plus Punnu à ses côtés, elle se mit à sa recherche, courant en tous sens, désemparée.
S’apercevant que les trois frères avaient disparu avec leurs montures, elle se lança sur la route en suivant l’empreinte des pas des chameaux. Saki essaya en vain de la retenir. Elle courut, courut, traversant les monts, les vallées, les bois et les rivières, jusqu’au désert qui s’étendait à perte de vue. Epuisée, elle tomba et, avisant un berger qui se trouvait dans les parages, lui demanda s’il avait vu passer une caravane. Le berger, voyant une fille aussi belle, fut gagné par un puissant désir. Il tenta de l’amener de force dans sa hutte, mais Sassui appela Punnu à son aide. A bout de force, elle invoqua son dieu, l’implorant de la faire disparaître sous terre pour la sauver de ce berger malhonnête. Sa prière fut entendue : la terre se fendit sous ses pieds, et. Sassui fut ensevelie. Lorsque la terre se referma, seul un bout de son foulard dépassait du sol.
De son côté, Punnu reprit conscience et réalisa qu’il se trouvait ligoté sur le dos d’un chameau. Il en demanda la raison à ses frères, et le cadet lui répondit qu’ils le conduisaient à Ketch comme leur père le leur avait ordonné. Entendant cela, Punnu se débattit de toute ses forces et réussit à se délier. Se jetant à bas du chameau, il se mit à courir si vite que ses frères ne purent le rattraper. Suivant à rebours les traces de pas des chameaux, il s’était élancé dans la direction de Bhambore en criant « Sassui, Sassui !». Il parvint enfin à l’endroit où Sassui avait été engloutie par la terre. Le berger, abattu par ce qu’il avait fait, se trouvait toujours là. Sûr que Sassui s’était également lancée sur la route à sa recherche, Punnu demanda au berger s’il avait vu passer une très belle fille. Le berger pointa alors le bout du foulard qui dépassait du sol. Punnu reconnut le foulard de Sassui, et pria à son tour afin d’être également englouti dans la terre. La terre se refendit. Ainsi Punnu rejoignit-il Sassui dans les profondeurs, et les deux amoureux furent réunis à jamais.
Selon l’anthropologue français, Michel Boivin, spécialiste du Sind :
Projection de la citation de Michel Boivinsur l'écran :
« Sassui incarne plusieurs facettes de la culture sindhi. Née dans une famille de brahmanes, elle fut élevée par un blanchisseur musulman, avant d’être épousée par un prince. Mais la famille de ce dernier n’accepta pas cette mésalliance et ses frères enlevèrent le prince. Les deux amants se chercheront dans les dunes brûlantes du désert avant de sacrifier leur vie pour être à nouveau réunis. Les bardes chantent cette légende depuis des siècles mais dans l’œuvre du soufi Shah Abdul Latif (m. 1752), Sassui est en fait une allégorie de l‘union mystique. »
Voix-off
Nous prenons l’histoire au moment où les frères de Punnu le droguent et l’enlèvent, avant que Sassui ne reprenne conscience. Nous laissons Shah Abdul Latif Bhittai, le grand poète soufi du Sind, raconter le reste en vers :
1e scène :
Les trois frères de Punnu se présentent chez lui. Ils lui donnent les cadeaux que leur père a envoyés pour lui et Sassui :
Dialogue :
Premier frère : Tu vois Punnu combien notre père t’aime et combien il est content de ton mariage. Voici les cadeaux qu’il envoie pour toi
Deuxième frère : Et voici pour ton épouse bien-aimée
Troisième frère : Et voici l’élixir que les gens de chez nous ont envoyé pour toi et ton épouse bien-aimée
Ils leur font boire la décoction
Les frères enlèvent Punnu. Sassui se réveille
Sassui
Où est parti mon amour ? Que dois-je faire ? Où dois-je aller ?
Ô mes amies ! On m’a trompée, comment vais-je le retrouver ?
Où est parti mon amour ?
Dans mon sommeil j’ai sursauté, une tristesse s’est emparée de moi
Les étrangers sont partis sans moi, Jusqu’à quand verserai-je des larmes
Où est parti mon amour ?
Les amies de Sassui essaient de la retenir
Ô mes amies ! Où irai-je le chercher ?
Ces étrangers m’ont abandonnée
Ceux du peuple de mon Punnu
Ses élégants frères
Apres avoir paré leurs chameaux
Après m’avoir endormie
Ils se sont détournés ces étrangers
Ils m’ont laissée seule ces étrangers
Comme cela serait bien, s’ils revenaient
Et m’emmenaient avec eux
J’ai mal de Punnu
Qui va me dire comment il va ?
Ils m’ont brisé le cœur
Ils m’ont laissée seule ces étrangers
Sassui s’écarte de ses amies qui essaient de la retenir
Allez-vous en mes amies !
La solitude est mon sort
Me font signe et m’appellent
Les dunes brûlantes du désert
Qu’il vous brûle, vous aussi
Le feu qui me consume
La quête de notre union
Où me conduira-t-elle ?
Sassui se met à courir
Ô mes amies !
L’étendu de l’univers est devant moi
Ceux qui cherchent la facilité n’ont rien à faire ici
Il n’y a que des épreuves devant moi
Le courage de tout surmonter
Les limites de l’impossible sont devant moi
Ni souci de soi, ni détachement
Le lieu de délivrance est devant moi
Ceux qui fuient les monts et les déserts
Ne trouveront jamais la paix
Le but que je recherche est difficile Ô mes amies
Mais qui a pu l’atteindre sans tourments
Sassui dans le désert
Sa quête vaut bien la mort
Cette séparation, comme elle est dure à supporter,
Qu’ils fendent les montagnes
Mon ardeur et mon courage
Ô mon Punnu ! Ô mon Baloutche !
Ne me fais pas perdre la face devant tout le monde
Avant que je ne meure
Que je te voie devant moi
La délaissée t’appelle
Reviens mon bien-aimé !
J’ai quitté Bhambore
J’ai brisé tous les liens
Je me suis détournée de tout le confort
Mes yeux recherchent mon bien-aimé
Reviens bien-aimé
Celui qui n’a pas connu les douleurs
Que sait-il du chagrin des autres ?
Que l’on me pointe du doigt, soit
Je viendrai vers toi
Reviens vers moi !
Pour toi, je suis heureuse même dans le désert
Je supporterai la séparation
Je ne me plaindrai pas
Si là est mon bien
Epuisée et sans soutien
Parviendrai-je jamais à Ketch ?
Le soir est tombé, le soleil se couche
Où es-tu mon bien-aimé ?
Sassui tombe épuisée
Je demande à tous s’ils t’ont vu passer
Mais ces pauvres paysans
Que savent-ils de toi ?
Que toi-même viennes vers moi
Mes larmes, je n’arrive pas à les retenir
De douleur ma poitrine éclate
Que dans la poussière je disparaisse
Que je t’y retrouve !
Sassui est ensevelie. Seul le bout de son foulard sort de la terre
Punnu arrive en courant. Il voit le bout de foulard. Il est englouti par la terre à son tour
Dernière scène :
Pour finir le chant suivant va être entonné par 2-3 choristes
Un chant agréable résonne dans mon corps et dans mon âme
Ami, ton amour embaume mes espoirs
Reviens mon bien-aimé, tu manques à mes yeux
Comment puis-je être tranquille à Bhambore sans toi
Personne ne peut me consoler, moi délaissée dans ce monde
Ami, ton amour embaume mes espoirs
Hors toi, Ô mon sage ! Qui peut effacer mes douleurs
De qui faire mon confident, qui va me donner le courage
La saison des pluies n’est que l’automne pour moi
Ami, ton amour embaume mes espoirs
Pièces basées sur des poèmes de Parveen Shakir et de Sultana Waqasi jouées à l'Alliance Française de Karachi
Deux pièces basées respectivement sur la traduction française par Hidayat Hussain du poème ourdou "La malheureuse" de la poétesse Parveen Shakir et du poème sindhi de la poétesse Sultana Waqasi "¨ô soleil ne te lève pas aujourd'hui !" (Sur l'assassinat de Benazir Bhutto) ont été jouées à l'Alliance Française de Karachi le 27 juin 2011 lors de la présentation de l'ouvrage "Ce soir oppressant n'en finit pas de finir- le Pakistan raconté par ses poètes". Quelques photos de ces pièces et de l'auditoire:
Le`recueil de traductions de la poésie ourdou "Ce soir oppressant n'en finit pas de finir"est paru
Vous pouvez commander par Amazon. fr
http://www.amazon.fr/soir-oppressant-nen-finit-finir/dp/2756320528/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1305913341&sr=8-1
Une presentation de l'ouvrage figure sur le site-web de l'editeur egalement:
http://www.editions-benevent.com/livre.php3?isbn=9782756320526
La goualante du dernier homme

Poème d’Iftikhar Arif traduit par Hidayat Hussain
Les courtisans du roi sont satisfaits que
Pendent aux murailles de la ville
La tête tranchée, les bras en l’air
Ceux qui tenaient haut la tête
Les lamentations du peuple furent noyées sous le son des trompettes
Le capital de la patience fut épuisé par le désarroi de la prière
L’espoir de la rétribution fut consommé par l’incertitude de la récompense
Ni les mots n’inspirent confiance
Ni le sang n’a de la valeur
Il y a la paix partout
Les courtisans du roi sont satisfaits que
Pendent aux murailles de la ville
La tète tranchée, les bras en l’air
Ceux qui tenaient haut la tête
Le fossé autour de la forteresse du Pouvoir fut comblé de rebelles
Et le butin réparti
Les cordes de la tente qui abritait l’éloquence et le verbe
Furent coupées
L’ambiance est telle que même l’espoir tient de la folie
Il y a la paix partout
Les courtisans du roi sont satisfaits que
Pendent aux murailles de la ville
La tète tranchée, les bras en l’air
Ceux qui tenaient haut la tête
Poème écrit dans une saison de peur
Poeme d’Iftikhar Arif traduit de l’ourdou par Hidayat Hussain

Les oiseaux qui voulaient tester leurs ailes
Mesurer les contours des vents
Craignent désormais de retourner à leurs nids
Qui sait que quel trappeur veut expérimenter quel filet
Quelles fleurs souhaite-t-il faire éclore sur quelles branches
Les prédateurs aveugles comme leur conscience
Ne connaissant rien à la dignité
Et quand les gibiers ne font pas défaut
Veulent priver de voix les branches vivantes
Veulent grand ouvrir les portes à tous les excès
O mon dieu ! Je t’invoque au nom des champs apeurés
Au nom des branches en attente de chants
Vivement de la protection pour ceux qui prennent leur élan !
Vivement une saison de bon augure !
L’homme de Kaboul – Un "Polar" engagé
Note de lecture par Hidayat Hussain sur le roman « L’homme de Kaboul »de Cédric Bannel
Ce Polar pour une fois ne prend pas comme héros un Occidental qui déjoue les desseins des ennemis de la civilisation mais un humble Afghan, un policier consciencieux qui prend ses enquêtes au sérieux même au risque de déplaire aux « Pouvoirs » à savoir le gouvernement en place à Kaboul et les forces de coalition. C’est Oussama Kandar, le chef de la Brigande Criminelle de Kaboul. La vie d’Oussama Kandar est parcourue de l’histoire récente de l’Afghanistan. Il avait suivi un stage de perfectionnement comme jeune inspecteur à Moscou peu avant la période d’occupation soviétique avant de faire partie des Moudjahidines sous l’occupation soviétique. Pendant le règne des Talibans il est tireur d’élite dans les forces d’Ahmed Shah Massoud. Outre le dari, il parle couramment l’anglais et un peu de turc en plus de russe. Même s’il est connu pour sa piété il demeure une cible pour les Talibans. Il habite une maison modeste en brique et torchis, avec un toit plat, comme on en trouve dans tous les quartiers populaires des villes afghans: Sa femme, Malalai Kandar, est gynécologue. Indépendante, féministe et libre d’esprit. Elle avait effectué l’essentiel de ses études de médicine à Bakou, du temps de l’Union Soviétique. Elle supporte tant bien que mal l’ordre moral afghan, sa tache rendue plus facile par le fait que tous les patients sont des femmes. Malgré trente ans de mariage et deux enfants adultes, le couple affiche une solidité aussi parfaite qu’au premier jour. Oussama n’a jamais trompé sa femme, ni songé à en prendre une plus jeune.
L’histoire se déroule en grande partie à Kaboul sur fond d’un pays occupé par les forces de coalition dont en premier lieu les américains qui soutiennent le régime corrompu de Karzai. Des officines soutenues par les forces américaines, telle que "Blackwater", mercenaires utilisés par la coalition dans les missions sensibles, se croient tout permis. S’y ajoute le fait qu’en proie à l’impopularité croissante le régime Karzai joue un jeu dangereux. Sous couvert de réconciliation nationale avec les ex-talibans, il ouvre sournoisement l’appareil d’état à leur influence, préparant de facto leur retour au pouvoir, sous une forme plus ou moins déguisée.
Un homme d’affaires, Wali Wadi, est « suicidé » à Kaboul. C’est Oussama Kandar, en tant que le Chef de la Brigade Criminelle, qui mène l’enquête. Wali Wadi était un intermédiaire, connu pour divers trafics en lien avec les autorités d’occupation. Il « gérait » les responsables publics locaux pour acheter leur silence pour le compte de «Willard Consulting » basée en Suisse qui assure des fournitures pour l’Iraq et l’Afghanistan dans le cadre de l’occupation par les forces de coalition. Ces fournitures donnent lieu aux détournements massifs de fonds : Faux certificats de bonne fin pour des usines ou des bâtiments imaginaires, commandes gonflées de carburant, d’eau potable et de toute sorte de produits de première nécessité, commandes d’armes fantômes destinées à des régiments imaginaires. Mandrake, directeur financier chez Willard Consulting, qui était en relation avec Wali Wadi et Ahmed Ben Gazi, qui assure la même mission en Irak pour Willard Consulting que Wali Wadi en Afghanistan, s’empare de documents prouvant la corruption qui sous-tend ces fournitures et entend faire éclater la vérité. Il veut dénoncer ces gangsters policés, qui ont fait de grandes études, qui portent costumes de marque et cravate de prix, mais des gangsters tout de même. Wali Wadi et Ahmed Ben Gazi sont assassines dans un intervalle de quelques jours. Mandrake réunit toutes les preuves de corruption dans un rapport qui détaille la méthodologie utilisée pour les détournements de fonds , y joint les extraits de comptes bancaires aux iles Caïmans, aux Bahamas, a Hong Kong, et bien sur en Suisse. Il quitte son travail et est en cavale pour échapper aux poursuivants de l’Entité commandités par Willard Consulting.. Qu’est que l’Entité ? Elle est basée à Berne sous forme d’une structure très discrète de missions secrètes pour le compte exclusive de quelques gouvernements et grandes entreprises multinationales. Elle s’abrite derrière de multiples paravents qui en constituent les visages officiels, entreprises, associations à but non lucratif ou instituts aux noms évocateurs. Une vingtaine d’hommes appelés les »K » constituent les troupes de choc de l’Entité. Ils vivent dans un secret encore plus absolu que le reste de l’équipe.
Nick est un analyste chez l’Entité. Sa curiosité sur la vraie nature de l’Entité est éveillée pendant la traque de Mandrake. Il décide de couper les ponts avec cet organisme. Il décide qu’il ne pourrait jamais faire confiance à des hommes aussi cyniques et cruels. Il a envie de les arrêter dans leur folie. Il a envie de les détruire. Il découvre que l’Entité essaie de liquider Oussama Kandar car il poursuit l’enquête sur le « suicide » de Wali Wadi très consciencieusement et est parvenu à dépister Dortmund, l’agent de l’Entité qui avait tué Wali Wadi. Oussama Kandar échappe à toutes les tentatives de le tuer autant grâce a son réseau de contacts qu’a la chance.
Nick s’évade de l’emprise de l’Entité et décide de rejoindre Oussama Kandar à Kaboul afin de lui dire la vérité. Apres un long périple qui l’amène de Suisse en Italie, ensuite à Dubaï et à travers le Pakistan à Kaboul en Afghanistan, il se présente chez Oussama alors que celui-ci est sur le point de s’enfuir pour échapper aux hommes que les autorités à Kaboul ont lancés à ses trousses. Entre autres il est aidé par un dirigeant Taliban planqué à Kaboul : Mollah Bakir, que Oussama Kandar découvre, est un révolutionnaire, un nationaliste croyant, plus qu’un islamiste.
Au fil de cavales rocambolesques, et d’histoires crapuleuses ce Polar « engagé » nous apprend beaucoup de choses sur la guerre en Afghanistan qui se révèle comme une guerre sans principes qui ne fait que prolonger le calvaire d’un peuple meurtri dont l’âme se trouve niée par plus de trente ans de guerres : occupation soviétique, brutalités sous le règne de Talibans et actuellement la prétendue guerre contre le « Terrorisme »
Egypte, ô Egypte !
Que l’on informe tous les régents qu’ils dressent leurs bilans
Quand montera le raz-de-marée de la plèbe Il n’y aura que l’échafaud devant eux

EXODE chap. - 3 : Longtemps après Pharaon mourut. Pendant ce temps Moïse faisait paître au désert les troupeaux de Jéthro son beau-père. Un jour qu'il s'était approché du Mont Horeb (la Montagne de Dieu), soudain, il vit une chose étrange "un buisson en feu, qui brûlait sans se consumer ! C'est alors qu'il entendit soudain une voix venant du milieu du buisson, c'était Dieu qui l'appelait - " Moïse, Moïse ! "
Coran 28 - 30 : Moïse étant au service de son beau-père, amena son troupeau vers la montagne (du Sinaï) quand soudain il aperçut un buisson en feu qui ne se consumait point ! :Quand Moïse fut à l'endroit du feu, une voix sortit du buisson qui l'appelait, Moïse , je suis le Maître de l'Univers.
Feu de nouveau au Mont Sinaï
Poème de Faiz Ahmed Faiz écrit lors de la guerre Arab-Israel de 1973
(Traduit de l’ourdou par Hidayat Hussain)
Feu de nouveau à la vallée de Sinaï
Brille de toutes ses couleurs la flamme de la vérité
Peut mener droit à la mort
L’invitation de l’Eternel à visionner la vérité
C’est l’heure pour ceux qui ont de la vue
Avez-vous le courage de regarder ?
O l’orgueil de la folie !
As-tu le courage ?
De prendre la voie de l’au-delà ?
Feu de nouveau à la vallée de Sinaï
Brille de toutes ses couleurs la flamme de la vérité
Purifiez vos cœurs !
Peut être que sur cette tablette
Descende un nouveau pacte entre vous et moi
Le rituel d’oppression est le propre des privilégiés de cette terre
Et au gardien de la foi de leur apporter son soutien
Pour en finir avec l’obéissance et l’acquiescence des siècles
Il faut bien que descende un commandement de refus
Ecoutez ! Peut être que cette lumière
Est le premier mot d’un nouveau testament
Qui se révèle aux damnés de la terre
Ecoutez cette voix !
Qui dit que
Nous qui sommes sans recours
Sommes désormais ceux qui savent
Sommes ceux qui créent
Sommes ceux qui voient
Que l’on informe tous les régents
Qu’ils dressent leurs bilans
Quand montera le raz-de-marée de la plèbe
Il n’y aura que l’échafaud devant eux
Personne pour les sauver
C’est ici bas que seront prononcées les récompenses et les sanctions
C’est ici bas que se déroulera le jugement dernier
Lakhtaï
Ces garçons imberbes qui gagnent leur vie en dansant dans les fêtes de mariage dans les régions pachtounes du Pakistan
(Poème d’Ahmed Faraz traduit par Hidayat Hussain)
Scintillent les clinquants,
Sur les mèches à demi coupées.
Palpitent les couches de fard,
Sur les joues rugueuses.
Crépitent comme la lampe au crématoire,
Les yeux sur un visage froid inanimé.
Le tressaillement simulé
D’un corps las,
On dirait la courbature d’une vieille branche.
La lenteur trébuchante,
Des pas alourdis,
Comme le courant dans un cours d’eau asséché.
L’envol des bras au dessus de la jupe tournoyante,
Tel un voilier pris dans un tourbillon,
Ou comme les sillons que provoque dans la mare,
Un jet de cailloux.
Reluisent comme une source d’eau dans le désert,
Des gouttes de sueur,
Sur le front empoussiéré.
Tintent les bracelets de cheville
Comme s’effondrerait au lointain un château de verre.
Cheveux ébouriffés.
Joues poussiéreuses.
Lamentations aux lèvres.
Telle une ombre figée,
La vie se trémousse,
Au son du tambour,
Pour quelques pièces de cuivre.
Visite au mausolée de la "Femme Courage"
(Hidayat Hussain)
Tout récemment je me suis rendu au mausolée de Bénazir Bhutto qui est devenu un lieu de pèlerinage majeur pour les paysans du Sind. Devant son tombeau j’ai trouvé un écriteau géant en vers intitulé «Lamentation pour la fille de Zulfiqar » ( ‘Zulfiqar’ sabre à double tranchant que portait Ali, gendre du prophète Mohamad – c’est également le prénom du père de Bénazir, Zulfiqar Ali Bhutto). La famille Bhutto bien qu’étant de confession shiite ne s’est jamais servie de son appartenance confessionnelle à des fins politiques. Toutefois, ses fidèles ont mis en parallèle le martyre de Bénazir et celui d’ Hussain, petit-fils du prophète, dont le martyre à Karbala alimente toujours le dolorisme shiite. On notera aussi que l’écriteau reprend certain slogans (l’allusion aux juifs et aux blancs) mis en avant en Iran depuis la révolution de Khomeiny (des slogans que Bénazir elle-même n’aurait jamais utilisés). Voici l’écriteau traduit en français :
Ecriteau au Mausolée de Bénazir
Muslim Bin Aqil (l’un des compagnons de Hussain, petit-fils du prophète Mohammad) reçoit des centaines de missives de « Koufa » (Ville à proximité de Karbala où Hussain et ses compagnons furent attirés sous de faux prétextes et par la suite mis à mort par Yazid, le prétendant au califat, opposé par Hussain)
Que les rues de Koufa l’attendent
Le soir du 27 (le 27 décembre 2007 quand Bénazir fut assassinée), le soir des pauvres (référence à la famille de Hussain égarée sous chaleur sans eau le soir qui a suivi le martyre de Hussain à Karbala), ces fleurs sur le chemin de Bénazir et ce linceul neuf dans lequel elle fut drapée à Liaquat Bagh (le lieu du martyre de Bénazir à Rawalpindi)
Comme Muslim Bin Aqeel la fille de Zulfiqar a marché devant
Ainsi s’est- elle faite trancher la tête, cette fille sans pareille
Quand l’assassin s’est retourné en épouvante, il vit une tête de plus tranchée en ce qui était une réédition de Karbala
Une innocente s’est avancée pas à pas avec Zainab (soeur d’Hussain dont le mausolée se trouve à Damas), et un assassin s’est condamné à jamais au mépris
Du sang coulait à ne s’arrêter, l’assassin a beau se dissimuler mais il avait le visage de Shi mar (celui qui avait tranché la tête d’Hussain)
L’assassinat d’Hussain fut en réalité la mort de Yazid (Le calife dont le Califat a été mis au défi par Hussain), et l’assassinat de Bénazir est en réalité la mort des juifs (« Yahud ») et des blancs ou européens (« Farang »)


















