(poème ourdou d'Ahmed Faraz traduit par Hidayat Hussain)

L’on nous demande de trouver un consolateur

Lorsque aucun pacte, aucune promesse ne s'honore

Dans aucun coin de la ville sans défense

Nul cœur, nul giron ne s'offre

 

N’avez-vous pas vu que sur les platanes jadis verts

Se sont réduits en débris les feuilles, les fruits?

Où aller chercher un vol de beaux oiseaux

En prisons se sont transformés les nids

 

Le jardin est devenu un tas de brindilles

Dépouillées de leurs parures sont les palmeraies

Les oiseaux se sont envolés des pins et des chênes

Plus de colombes dans les oliveraies

 

Le prêcheur au pupitre a perdu sa crédibilité

Le buveur sa réputation dans les lieux infâmes

Ceux-ci gardent leurs distances mais s’est effacée la différence

Entre l’édit religieux et la parole profane

 

Les confidents ont pris le parti du messager

Les accointances du quartier de la bien aimée se sont évaporées

Personne pour porter son témoignage

Les pécheurs, les pieux se sont sauvés

 

Qui est là pour répondre à l’appel ?

La ville entière est portée disparue

L'on n'entend ni la parole de Jésus ni souffler le cor de la fin des temps

Et le jour du jugement est révolu

 

Même les massacres ne donnent pas lieu aux fêtes

Quel attrait a désormais le trépas?

Depuis que l’habit vermillon a perdu de son prestige

A quoi bon se tremper dans son sang