Ces garçons imberbes qui gagnent leur vie en dansant dans les fêtes de mariage dans les régions pachtounes du Pakistan

(Poème d’Ahmed Faraz traduit par Hidayat Hussain)

Scintillent les clinquants,

Sur les mèches à demi coupées.

Palpitent les couches de fard,

Sur les joues rugueuses.

Crépitent comme la lampe au crématoire,

Les yeux sur un visage froid inanimé.

Le tressaillement simulé

D’un corps las,

On dirait la courbature d’une vieille branche.

La lenteur trébuchante,

Des pas alourdis,

Comme le courant dans un cours d’eau asséché.

L’envol des bras au dessus de la jupe tournoyante,    

Tel un voilier pris dans un tourbillon,

Ou comme les sillons que provoque dans la mare,

Un jet de cailloux.

Reluisent comme une source d’eau dans le désert,

Des gouttes de sueur,

Sur le front empoussiéré.

Tintent les bracelets de cheville

Comme s’effondrerait au lointain un château de verre.

Cheveux ébouriffés.

Joues poussiéreuses.

Lamentations aux lèvres.    

Telle une ombre figée,

La vie se trémousse,

Au son du tambour,

Pour quelques pièces de cuivre.